We have regarded this 'story from the world' as something quite different. Someone who photographs to discover their own poetic aspiration. Who knows if many photographers do this. We are not here to judge, but to understand this connection of means.
Souvent la photo vient de prime abord. Ensuite l’idée de mon poème germe à posteriori. Je rassemble mes idées sur des carnets. Et j’écris à propos de la photo. Mais je n’ai jamais essayé le processus inverse.
Often the photo comes first. Then the idea for my poem germinates a posteriori. I collect my ideas in notebooks. And I write about the photo. But I've never tried the reverse process.
Je m’abandonne
À la Madone
Je m’abonne
À l’aumône
D’un rayon de soleil
Qui est filtré au doux vermeil
Des vitraux
Bibliques in extenso
Le glas est de glace
Las iglesias
L’église
Est abandonnée et grise
Il était une fois
La Foi oubliée des rois
L’ecclésiastique
Cavalier électrique
A priori, a pris la poudre d’escampette
En direction d’Alexandrette
Autrement nommée Iskenderun
Oú, il scande des runes
En amusant le muezzin
Le poète aux accents d’ardîn
At the Madonna I subscribe To almsgiving Of a ray of sunshine That is filtered through the gentle vermilion Of the stained glass windows Biblical in full The bell is made of ice The churches The church Is abandoned and grey Once upon a time The faith forgotten by kings The clergyman Electric rider Apparently, took to the hills Heading towards Alexandretta Also called Iskenderun Where, he chants runes While amusing the muezzin The poet with ardent tones
Envoyé depu « Ode du vieux marin »
Héros barbu
Héraut fourbu
Pauvre Ulysse
Accroché au mât à l’aide des drisses
Aède Tennysonnien
Beau et marmoréen marin
Victime des âges et des sirènes
Aux menteuses haleines
Pisinoé, Aglaopé, Thelxiépie.
Odieuses impies
Aux griffes de lémures
Elles ont choisi leur victime ces impures !
En la personne d’un fumeur de pipe
De bruyère coincée dans sa vieille lippe
Qui exhale de son rouge fourneau des volutes azurines de latakia
Ce divin turc, suave et sucré tabac
Aussi doux que les bras d’une odalisque
Concubine des harems, privée de ses ailes, ô pauvre sphénisque !
C’est une triste histoire
Racontée dans les sombres tavernes qui servent de forts alcools à boire
Celle d’une lyrique et pourrissante fresque de bateau
Rongée par les retors et salés flots
Livrée aux temps durs
Et à ses tortures
Esquif de cimetière
Avalée par la vase et la mer
Une sorte de Dorian Gray
Prisonnier de son reflet
Alors, voici cette histoire de mort
Celle du matelot d’Armor
Conteur pétuneur
Poète du vent et de ses fureurs
Vieillard
Lorgneur de phares
Aux scintillantes lentilles de Fresnel
Faisant la différence entre la vie et le drossage mortel
Cet homme élimé recherche ici un paisible havre
Pour devenir un oublieux cadavre
Fatigué de l’eau
Et de ses traitres fardeaux
Epuisé par la saumure
Et les claquantes voilures
L’ancien portefaix
Est en quête de paix
Bearded hero Weary herald Poor Ulysses Clinging to the mast with the help of the shrouds Tennysonian bard Beautiful and marble-like sailor Victim of the ages and sirens With lying breath Pisinée, Aglaopé, Thelxiépie. Odious unbelievers With the claws of lémures They have chosen their victim, these impure ones! In the person of a pipe smoker With briar stuck in his old lip Who exhales from his red stove azure vapours of latakia This divine Turkish, smooth and sweet tobacco As gentle as the arms of an odalisque Concubine of the harems, deprived of her wings, oh poor sphincter! It’s a sad story Told in dark taverns serving strong spirits to drink That of a lyrical and rotting ship’s fresco Eaten away by treacherous and salty waves Laid bare by hard times And its torments Cemetery skiff Swallowed by mud and sea A kind of Dorian Gray Prisoner of his reflection So, here is this story of death That of the sailor from Armor Pipe-smoker raconteur Poet of the wind and its fury Old man Lighthouse gazer With shimmering Fresnel lenses Distinguishing between life and deadly drift This worn-out man seeks here a peaceful haven To become a forgetful corpse Tired of water And its treacherous burdens Exhausted by the brine And the cracking sails The old porter Is in search of peace
« Charon »
Amenez moi l’amnésie
Le roi opium, cette douce folie
Pygmalion des poètes désespérés
Désenchantés et désargentés
Artistes et orfèvres de la diction
Champions des malédictions
Opiacé ô teinture des rêves
Qui tourmentent sans trêves
Bromure qui enferme entre des murs
L’oublieuse faucheuse qui susurre
La légende de cette liqueur distraite
Qui engourdit et vous dépose un baiser de traître
Qui vous donne fausse joie et vive frénésie
On pleure et l’on rit
Nous nous tourmentons
En nous noyant dans ce liquide brûlant comme le Styx et l’Achéron
Poison insidieux du fiévreux Charon
Le nocher à la barque ramant de son aviron,
Le passeur fils de d’Erebe et de Nix
Démons aux cruels yeux qui vous fixent
Opiniâtre opium, génie maudit de la bouteille
Aux multitudes reflets de couleur vermeil
Dormir, mourir
Et partir
Victime d’un naufrageur
Qui suggère la peur
Charon, à la rame marron
Une obole sous la langue nous plaçons
Bring me amnesi The opium king, that sweet madness Pygmalion of desperate poets Disenchanted and penniless Artists and goldsmiths of diction Champions of curses Opiate oh tincture of dreams Who torment without truce Bromide that locks up between walls The forgetful grim reaper who whispers The legend of this distracted liquor Which numbs and leaves you a traitor's kiss Which gives you false joy and lively frenzy We cry and we laugh We let us torment By drowning ourselves in this liquid burning like the Styx and the Acheron The insidious poison of the feverish Charon The boatman rowing with his oar, The ferryman, son of Erebus and Nix Demons with cruel eyes that stare at you Obstinate opium, cursed genius of the bottle With multitudes of ruddy reflections Sleep, die And leave Victim of a shipwrecker Which suggests fear Charon, with a brown oar An obolus under the tongue we place
« Lettres »
Quand son absurde
Hautement le perturbe
Dans le silence de ses quiétudes
Générateur de toutes ses inquiétudes
Un phare soudain l’illumine, dressé comme Eros
Un priapique édifice de l’ile de Pharos
A Alexandrie, le Grand Alexandre rit
De ses alexandrins maudits
Eclairé par cette chandelle lumineuse
Loin d’être libidineuse
Sa plume paroxystique se relève
Donnant une vie brève
Aux petits papiers
D’amours griffonnés
Lignes de ses nuits assombries d’encre
De ses cauchemars qui le retiennent avec une ancre
Hémistiches
Postiches
Accouchés par un cancre las
Un cancrelat sorti de l’anonymat
Lettres imaginées par son cerveau lent
Par son esprit qui virevolte comme un cerf-volant
Il creuse des sillons avec son calame
Puis, il plante des graines, d’où germent des drames
Des tragédies de stylos et de stylets
Torturé, il triture cette friture dans un style laid
Dans des secousses telluriques
Dramaturgiques
La digue est rompue
Et l’encre tumultueuse est répandue
Comme un fleuve noir
Ô bipolaire et délicieux polar
De poésie, le scribe branque
Est divinement en manque
Le palatin minus paladin
S’écroule hors de son palanquin
Terrassé par sa fade célébrité
Et par son météorisme, grosse baudruche de fatuité
Il écrit fiévreux en martelant sa sténotype
Le prototype du pauvre type
Ecrivain
Vain
Alors, vint
Le vin
Même le royal devin
Ne sut ce qu’il advint
When his absurdity Highly disturbs him In the silence of his tranquillities Generator of all his worries A sudden lighthouse illuminates him, standing like Eros A priapic building on the island of Pharos In Alexandria, the Great Alexander laughs At his cursed alexandrines Illuminated by this luminous candle Far from being libidinous His paroxysmal pen rises Giving a brief life To the little papers Of scribbled loves Lines of his nights darkened with ink Of his nightmares that hold him with an anchor Hemistiches Postiches Delivered by a weary dunce A cockroach out of anonymity Letters imagined by his slow brain By his mind that twirls like a kite He digs furrows with his calam Then, he plants seeds, from which dramas germinate Tragedies of pens and styluses Tortured, he fiddles with this frying in an ugly style In telluric tremors Dramaturgical The dam is broken And the tumultuous ink is spilled Like a black river O bipolar and delicious thriller Of poetry, the branque scribe Is divinely in need The palatine minus paladin Collapses out of his palanquin Struck down by his bland celebrity And by his meteorism, big balloon of fatuity He writes feverishly, hammering his stenotype The prototype of the poor guy Writer Vain Then, came The wine Even the royal soothsayer Didn't know what happened